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 Le 10 juillet 1940 : La prise du pouvoir par Pétain

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Quelle cause ?
Le 10 juillet est le résultat de la peur
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Le 10 juillet est le résultat d'un complot
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Le 10 juillet est la logique fin d'une République malade
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Un peu des trois solutions
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Total des votes : 4
 

AuteurMessage
Camille Desmoulins
Admin


Nombre de messages : 5040
Date d'inscription : 23/03/2007

MessageSujet: Le 10 juillet 1940 : La prise du pouvoir par Pétain   Lun 2 Avr - 11:47

Le 10 juillet est-il le résultat de la peur ? Cette solution fut proposée par Léon Blum. Vichy était encadré par les soldats de Weygand, les troupes du PPF de Doriot défilé dans la rue, les allemands étaient à Moulins...

Le 10 juillet est-il le résultat d'un complot plus vieux, réussissant toutes les forces anti-républicaines selon la théorie de Vincent Auriol ?

Le 10 juillet est-il la logique fin d'une République en pleine décripitude depuis les années Trente selon l'analyse de l'Historien Jean Pierre Azéma ?

Revenons sur le contexte. Le 16 juin Pétain devient président du conseil. Le 17 juin il prononce son fameux discours de sa voix chevrontante. Le 22 juin, l'armistice est signée à Rethondes, consacrant l'étrange défaite.
Le 29 juin le gouvernement de la République est déplacé à Vichy. Pierre Laval propose alors la réunion du Parlement pour donner au gouvernement du maréchal les pleins pouvoirs. Le 8 juillet les députés et sénateurs sont informés des projets du gouvernement. Le 9 juillet les chambres séparées approuvent la révision de la constitution. Le lendemain le Parlement vote :

______________Députés___ Sénateurs ____Total

Inscrits __________544 _________302 ________846

Votants _________414_________ 235________ _649

Pour ____________357_________ 212 _________569

Contre ___________53__________ 23__________ 80

Abstention ________12___________ 8__________ 20


Il faut noter l'absence des députés ayant choisi la poursuite de la lutte et qui ont embarqué à bord du Massilia le 21 juin 1940 : Daladier, Mendès France, Zay, Mandel...

Ces hommes avec les 80 parlementaires ayant voté contre le projet Pétain/Laval furent d'après de Gaulle les premiers résistants sur le sol français.
Texte du 8juillet 1940

Messieurs,

Il faut que nous tirions la leçon des batailles perdues. Revenir sur les erreurs commises, déterminer les responsabilités, rechercher les causes de nos faiblesses, cette oeuvre nécessaire sera accomplie. Mais elle ne servirait de rien si elle n'était la condition première de notre relèvement. Car il s'agit d'abord de refaire la France.

Ayant mesuré l'étendue de sa défaite, un pays comme le notre, quelle que soit sa douleur, quelles que soient ses souffrances, ne s'attardera pas à des regrets inutiles.

Il ne se lamentera pas sur le passé et il n'entreprendra pas non plus de le faire revivre tel quel.

C'est dans la défaite militaire et dans le désordre intérieur que d'autres pays ont puisé la force de revivre et de se transformer. Au moment le plus cruel de son histoire, la France doit comprendre et accepter la nécessité d'une révolution nationale. Elle doit y voir la condition de son salut dans l'immédiat et le gage de son avenir.

Cette reconstruction hardie, audacieuse, cet effort total de rajeunissement requièrent de tous les Français mieux qu'un consentement résigné, mieux même qu'une discipline acceptée
par amour de la patrie : il y faut un entier don de soi, une confiance sans arrière pensée, une foi ardente, cet élan collectif
qui donne seul son sens à la vie individuelle.


C'est dans cet asprit que le Gouvernement s'est tourné vers les chambres en leur demendant de rendre possible, par un acte solennel, dans l'ordre et dans la légalité républicaine, cet immense effort. Sénateurs et députés ont l'expérience, mieux que quiconque, des faiblesses et des lacunes de nos institutions législatives. Un grand nombre d'entre eux n'ont cessé d'appeler de leurs voeux une réforme profonde des moeurs politiques. De récentes et émouvantes déclarations émanant d'hommes de tous les anciens partis ont témoigné d'une conscience aiguë des grands devoirs qui incombent à la représentation nationale. On a senti que, toutes les barrières factices étant tombées, le Français se reconnaissaient, se retrouvaient dans un grand élan fraternel.

Le Parlement s'honorera devant l'Histoire et méritera la reconnaissance de la Nation en ouvrant, le premier, les portes de l'avenir. Il faut que le Gouvernement ait tout pouvoir pour décider, entreprendre et négocier, tout pouvoir pour sauver ce qui doit être sauvé, pour détruire ce qui doit être détruit, pour construire ce qui doit être construit. Le Gouvernement demande donc au Parlement, réuni en Assemblée nationale, de faire confiance au Maréchal Pétain, président du Conseil, pour promulguer sous sa signature et sa responsabilité, les lois fondamentales de l'État français.

Il importe en premier lieu de restaurer l'État dans sa souveraineté et le pouvoir gouvernemental dans son indépendance. L'autorité légitime sera affranchie de la pression des oligarchies.
Le Gouvernement présidera aux destinées du pays avec continuité et ordonnera au bien commun l'ensemble des activités françaises.
Ce Gouvernement aura la collaboration d'une représentation nationale qui jouera auprès de lui son rôle normal.


La fermeté sera sa loi ; mais il s'appliquera à concilier l'autorité avec le respect des libertés nécessaires.

C'est dans cet esprit que, rompant avec les abus et la routine, il reconstruira sur des bases modernes et simples les institutions administratives et judiciaires du pays désorganisées par l'invasion. Arbitre impartial des intérêts de tous les Français, il s'efforcera dans cette oeuvre d'atténuer par la plus stricte économie le fardeau des dépenses publiques qu'une guerre malhaureuse a rendu écrasant.

L'éducation nationale et la formation de la jeunesse seront au premier rang de ses soucis. Conscient des dangers mortels que la perversion intellectuelle et morale de certains ont fait courir au pays à une heure décisive, il favorisera de tout son pouvoir les institutions propres à développer la natalité et à protéger la famille.

Le Gouvernement sait bien, d'ailleurs, que les groupes sociaux : famille, profession, communes, régions, existent avant l'État. Celui-ci n'est que l'organe politique de rassemblement national et d'unité. Ile ne doit donc pas empiéter sur les activités légitimes de ces groupes, mais il les subordonnera à l'intérêt général et au bien commun ; il les contrôlera et les arbitrera.

Certes, la vie économique de notre pays va connaître une orientation nouvelle. Intégrée au système continental de la production et des échanges, la France redeviendra agricole et paysanne au premier chef et son industrie devra retrouver ses traditions de qualité. Il sera donc nécessaire de mettre fin au désordre économique actuel par une organisation rationnelle de la production et des institutions corporatives.

La transformation des cadres professionnels conduira tout naturellement le Gouvernement à instaurer, dans la justice, un ordre social nouveau.

Employeurs et salariés ont un droit égal à trouver dans l'entreprise qui les réunit le moyen d'assurer dignement leur vie et celle de leur famille. L'organisation professionnelle réalisée sous le contrôle de l'État, d'après ce principe de collaboration, assurera une plus juste répartition du profit, en écartant, d'une part, la dictature de l'argent et la ploutocratie, d'autre part, la misère et le chômage.

La restauration de la hiérarchie des valeurs restera dans tous les domaines la tâche la plus urgente. Chaque Français de la Métropole ou de l'Empire doit être mis à la place où il servira le mieux notre pays. Une seule aristocratie sera reconnue : celle de l'intelligence ; un seul mérite : le travail. Ils dirigeront le pays vers son nouveau destin, celui de la France éternelle pour continuer l'oeuvre sacrée des millénaires.

Ainsi notre pays, au lieu de se laisser abattre par l'épreuve, retrouvera, par son effort et dans ses traditions, la fierté de notre race.

Article unique.

L'Assemblée nationale donne tout pouvoir au gouvernement de la République, sous l'autorité et la signature du maréchal Pétain, à l'effet de promulguer par un ou plusieurs actes une nouvelle constitution de l'État français. Cette constitution devra garantir les droits du travail, de la famille et de la patrie.

Elle sera ratifiée par la Nation et appliquée par les Assemblées qu'elle aura créées.

La présente loi constitutionnelle, délibérée et adoptée par l'Assemblée nationale, sera exécutée comme loi de l'État.

Fait à Vichy, le 10 juillet 1940 Albert Lebrun Par le président de la République, Le maréchal de France, président du conseil, Philippe Pétain.

Beaucoup d'opposants à la reconnaissance par la République actuelle des crimes de Vichy, argumente en prenant en compte l'article premier. Le peuple n'a jamais ratifié cette nouvelle répartition des pouvoirs, le régime de Vichy était donc illégal. Certes, mais tout le processus de modification de la constitution et le vote sont légaux...

Après guerre, beaucoup de députés avoueront avoir été fasciné par l'aura du vainqueur de Verdun, mais aussi s'êtrent fait rouler dans la farine par le véritable instigateur de cette journée du 10 juillet 1940, Pierre Laval. Celui-ci étant déjà conscient de la future collaboration à venir.

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Genovefa



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MessageSujet: Re: Le 10 juillet 1940 : La prise du pouvoir par Pétain   Lun 2 Avr - 12:31

Bonjour tout le monde

Sujet grave, Camille...

Après une déculottée monstrueuse, la moitié du pays sur les routes en trainant leurs pauvres biens et sous les bombes, les hommes jeunes déja morts ou pas encore rentrés.

Et si cela avait été un immense soulagement, lâche sans doute, mais un gros "ouf", après la peur viscérale qui avait dû les saisir ?

Je ne sais pas trop quoi voter Sad
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Camille Desmoulins
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MessageSujet: Re: Le 10 juillet 1940 : La prise du pouvoir par Pétain   Lun 2 Avr - 12:37

Genovefa a écrit:


Je ne sais pas trop quoi voter Sad

Ben si, tu as la dernière solution...Wink

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Genovefa



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MessageSujet: Re: Le 10 juillet 1940 : La prise du pouvoir par Pétain   Lun 2 Avr - 13:41

Très juste Camille je viens de le faire Wink

Il y a aussi l'aveuglement volontaire et la politique de l'autruche menée par la plupart des états européens, ce qu'on ne voit pas n'existe pas Razz
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Invité
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MessageSujet: Re: Le 10 juillet 1940 : La prise du pouvoir par Pétain   Lun 2 Avr - 15:30

Je me suis décidée pour le second choix, en l'occurrence celui du complot ; même si la peur est bien évidemment tangible. Elle ne me semble toutefois pas être le facteur unique, vecteur de ce désastre.

L'armée, est prise de court, devant la fulgurance des agressions allemandes ; elle n'espère donc qu'en l'armistice ; persuadée qu'elle est, de l'imminence de la débacle... Pétain souhaitait cet armistice...

A mon sens, Laval a profité de l'aura du maréchal Pétain, pour "achever" la fragile IIIè République, trop désunie...

Ainsi, lorsque Pétain reçoit les pleins pouvoirs de l'Assemblée, Laval est à même d'oeuvrer à l'instauration du nouveau régime, (l'Etat français), autoritariste et idéologiste, renforçant ainsi, l'idée de culpabilisation de la 3è République...
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Camille Desmoulins
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MessageSujet: Re: Le 10 juillet 1940 : La prise du pouvoir par Pétain   Sam 7 Avr - 11:07

Effectivement l'idée d'un complot est séduisante. Non pas un complot pour organiser la défaite mais un complot pour profiter pleinement de la défaite. Celle-ci ne fut-elle pas qualifiée dans différent milieu d'extrême droite de "Divine surprise" ?

La victoire du Front populaire a entraîné une radicalisation de la vie politique française. Le succès des grèves de juin a démontré que le peuple peut désormais pacifiquement infléchir la société bourgeoise.

La haine des partisans d'extrême droit n'en est que plus que décuplée.

Dès le 17 juin dans son célèbre discours Pétain accuse " on a plus revendiqué que travaillé"... La défaite s'expliquerait par la loi des 40 heures ( en partie abrogée par Daladier dès 1937, usines d'armement) et les congés payés...

Toute la mouvance issu du 6 février 1934 et tous les opposants virulents du front populaire se réunissent alors pour mettre fin à la IIIème république.

Toutefois il convient de noter que les républicains classiques Gauche / Droite feront des choix personnels lors du vote du 10 juillet. Parmi les 80 on trouve des éléments des deux tendances. Parmi les hommes du Massalia se trouvaient Mandel, Daladier ou Mendes France.

Surtout après le 10 juillet et le début de la collaboration certains personnages du milieu nationaliste rejoindront ... la résistance. Les choix sont encore une fois avant tout personnels.

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Dernière édition par le Sam 7 Avr - 14:47, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Le 10 juillet 1940 : La prise du pouvoir par Pétain   Sam 7 Avr - 14:24

Citation :
Surtout après le 10 juillet et le début de la collaboration certains personnages du milieu nationaliste rejoindront ... la résistance. Les choix sont encore une fois avant tout personnels.

Très juste.
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Estelle
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MessageSujet: Re: Le 10 juillet 1940 : La prise du pouvoir par Pétain   Sam 7 Avr - 20:48

Le vote est clos. Crying or Very sad
J'aurais opté pour le complot également, visant à s'en sortir le mieux possible dans la défaite.
Et puisque l'on parle de Pétain, il fallait oser, le jour de son procès, affirmer qu'il soutenait de Gaulle dans l'ombre, alors qu'il l'avait condamné à mort...

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Camille Desmoulins
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MessageSujet: Re: Le 10 juillet 1940 : La prise du pouvoir par Pétain   Sam 7 Avr - 20:51

Aj non ma chère, j'ai mis vote infini ! Là je viens de mettre pour tester vote 999 jours ! Je vais vérifier sur le panneau admin ! Wink

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Estelle
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MessageSujet: Re: Le 10 juillet 1940 : La prise du pouvoir par Pétain   Sam 7 Avr - 21:28

Je ne peux toujours pas voter. Crying or Very sad

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MessageSujet: Re: Le 10 juillet 1940 : La prise du pouvoir par Pétain   

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