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 La Chute / Der Untergang

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Camille Desmoulins
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Date d'inscription : 23/03/2007

MessageSujet: La Chute / Der Untergang   Mar 5 Juin - 17:59

En Janvier 2005, sort sur les écrans français, un film réalisé par Oliver Hirschbiegel : Der Untergang / La Chute.

L'acteur Bruno Ganz incarne Adolf Hitler dans les derniers jours de vie du Reich. La composition est tellement "humaine" qu'elle engendre une très grande polémique en Allemagne mais peut-être plus encore en France.

Si certains d'entre-vous ont pu voir ce film, quelles conclusions en tirez-vous ?
voici un extrait de l'interwiev du scénariste du film sur le site suivant : LA CHUTE
Citation :

QUESTIONS À BERND EICHINGER, PRODUCTEUR ET SCENARISTE
QUELLE A ÉTÉ VOTRE APPROCHE DANS L'ÉCRITURE D'UNE FIGURE HISTORIQUE TELLE QU'HITLER ?

J'ai souvent entendu dire qu'il ne fallait pas braquer les projecteurs sur un personnage comme Hitler, qu'il ne fallait pas donner une tribune à un pareil monstre. Pour Joachim Fest (auteur du livre Les Derniers Jours d'Hitler) et moi, ce type de raisonnement n'a pas de sens. Pourquoi ne pourrions-nous pas porter un regard sur notre propre histoire ? Et donc mettre en scène les principaux acteurs de cette histoire - ceux qui, en quelque sorte, ont mis la machine en route ? Hitler était de ceux-là. Sinon, nous n'avons plus qu'à nous voiler la face et nous interdire d'aborder cette époque. On ne pourrait plus alors évoquer l'histoire récente de l'Europe puisque on n'aurait plus le droit de parler de celui qui s'est rendu coupable de tant d'horreurs.

Mais à partir du moment où on décide d'en parler, il est alors légitime de s'interroger sur la manière d'en parler. J'ai tenté de cerner la facette "intime" d'Hitler à partir du moindre document à ma disposition. Sa façon de parler, par exemple - qu'on connaît grâce à ses discours - était de toute évidence très différente dans le privé. J'ai étudié de nombreux documents, comme les comptes-rendus des conversations auxquelles il participait en dînant ou les discussions privées qu'il faisait dactylographier - car il était devenu tellement paranoïaque sur la fin de sa vie qu'il s'imaginait qu'on n'obéissait plus à ses ordres ou qu'on ne les exécutait pas correctement. Je me suis aussi servi d'un enregistrement d'une conversation qu'il a eue avec Mahnstein, une sorte de dialogue qui a eu lieu dans un cercle privé. À partir de ces documents, j'ai élaboré une diction particulière - un langage
- pour le personnage d'Hitler. Je suis d'autre part très sensible aux dialectes et je me suis rendu compte qu'il parlait un allemand mêlant un accent autrichien cultivé à un dialecte du sud de la Bavière, ce qui donne un son assez guttural et fait rouler les "r" - mais pas autant que dans ses discours publics. Bruno Ganz, qui joue le rôle, a parfaitement réussi à restituer cette diction particulière.

Y AVAIT-IL D'AUTRES DIFFICULTÉS DANS L'APPROCHE DU PERSONNAGE ?

Pour moi, le plus grand danger consistait à faire de lui un psychopathe ou un fou. Hitler était animé d'une énergie criminelle et destructrice incommensurable - c'était un barbare au sens le plus fort du terme. Mais je suis convaincu qu'il est resté maître de lui jusqu'à la fin - et c'est pour cela que le pouvoir ne lui a jamais échappé. Cependant, vers la fin, il craignait qu'on ne tente de le tuer en envoyant du gaz toxique dans le système de ventilation : la perspective d'un gaz paralysant pouvant le neutraliser le terrifiait. D'ailleurs, c'était là sa principale inquiétude : ne surtout pas tomber vivant entre les mains de l'ennemi. Curieusement, il n'a pas semblé envisager qu'on puisse l'assassiner. Il était donc totalement exclu de le représenter comme un personnage perturbé mentalement. On ne pouvait pas faire d'Hitler un diable avec des cornes - c'est ce qui rend les choses si difficiles. Pour autant, on ne pouvait pas non plus le décrire comme un être inoffensif. Bien au contraire, il nous a fallu passer au crible chaque événement, chaque fait, et construire tout en nuances un personnage aux multiples facettes - d'une infinie complexité comme n'importe quel homme se trouvant dans une situation aussi éprouvante.

EST-IL VRAIMENT POSSIBLE D'ENTRER DANS LA PEAU D'UN PERSONNAGE QUI TRAVERSE UNE SITUATION AUSSI EXTRÊME ?

Il savait que le monde et la civilisation étaient au bord du gouffre. La seule question qui l'intéressait était de savoir comment mettre en scène sa propre chute. Il s'y est employé avec beaucoup d'énergie jusqu'au bout.
Je suis certain qu'il savait qu'il ne s'en sortirait pas victorieux. En revanche, c'est ce qu'il a fait croire à son entourage. Il a orchestré sa chute en sachant qu'il entrerait dans l'histoire. Il a littéralement mis en scène sa propre fin et, si l'on voulait être cynique, on pourrait dire qu'il était vraiment l'homme de la situation.
HITLER SOUHAITAIT ENTRAÎNER LE MONDE ENTIER DANS SA CHUTE

Il n'aurait pas pu se résoudre à l'idée de disparaître tout seul : il s'est arrangé pour que toute la civilisation du Reich s'effondre avec lui. C'est de cette façon qu'il souhaitait mettre en scène sa propre chute : en produisant la plus grande déflagration possible, sa mort était censée entraîner l'anéantissement de tout un peuple. Aucun charlatan, aucun aventurier, ne peut prétendre à un tel programme car cela exige une énergie hallucinante et d'immenses capacités intellectuelles. Il faut être capable de mobiliser pareilles qualités. C'est ce que nous avons voulu montrer dans le film...

C'EST UNE APPROCHE DU PERSONNAGE PARTICULIÈREMENT NUANCÉE...

Ce serait trop facile d'affirmer que c'est propre à l'esprit germanique que d'être attiré par les chutes d'empires, aussi spectaculaires que pathétiques. Je me méfie des représentations qui en font une spécificité allemande. Il y a sans doute bien plus caractéristique de l'esprit allemand que cette attirance pour la destruction - le sens du devoir, par exemple. Les Allemands ont le sentiment d'être des traîtres lorsqu'ils baissent les bras. On ne baisse pas les bras : cela ne se fait pas. On ne se plaint pas non plus : on est censé encaisser car cela fait partie de son devoir. Cet état d'esprit, comme la soumission au pouvoir, sont ce que j'appellerais des attributs allemands. Ceci dit, une situation semblable aurait très bien pu se produire dans d'autres pays réunissant les mêmes conditions de départ.

QUELLE A ÉTÉ VOTRE APPROCHE POUR LES AUTRES PERSONNAGES HISTORIQUES ?

Il ne faut pas tout mélanger. C'est ainsi qu'on ne peut pas comparer un homme comme Göring et un homme comme Speer. Göring a pris la fuite dès qu'il a pu : après le défilé qui eut lieu pour l'anniversaire du Führer, lui et plusieurs de ses proches mirent le cap sur l'Allemagne méridionale, avec 25 camions regorgeant de tableaux, tapisseries, livres et sculptures - tout en sachant pertinemment que la situation était quasiment désespérée dans cette région également. De toute évidence, il a préféré s'accorder quelques semaines en vivant comme un roi, plutôt que de se suicider.

Le cas de Speer est beaucoup plus complexe. Hitler n'a jamais pensé un instant que Speer resterait à ses côtés dans le bunker - d'autant que Speer, en tant que ministre de l'Armement, avait pris des décisions qui nécessitaient sa présence jusqu'au bout. Speer entretenait des rapports très ambivalents avec Hitler. C'est un personnage qui a suscité de nombreuses polémiques, car il s'est par la suite défini comme un simple technocrate et non pas comme un idéologue. C'est à lui que revenait de se procurer la plus grande quantité de canons et de munitions possible. Il a écrit deux ouvrages intéressants où il explique que, pour lui, cette guerre fut franchement insupportable. Il était d'autre part très marqué par le fait d'avoir été l'architecte personnel d'Hitler pendant des années et d'avoir, à ce titre, été l'homme qui passa le plus de temps en tête-à-tête avec lui. Entre 1933 et 1939, il passa des heures et des heures à élaborer, en compagnie d'Hitler, de gigantesques maquettes des villes qu'ils comptaient bâtir ou reconstruire. À cette époque, Speer ne se sentait pas l'âme d'un nazi, mais d'un architecte, et il ne se souciait guère de politique. Quand il fut nommé ministre de l'Armement, il se passionna pour sa nouvelle fonction parce qu'il avait un formidable sens de l'organisation. Il s'est alors inventé un personnage dont il a ensuite essayé de se débarrasser grâce à un travail d'introspection. Cependant, dans le film, Speer n'est pas un personnage clé car cela aurait débordé le cadre de notre projet.

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La révolution est la guerre de la liberté contre ses ennemis, la constitution est le régime de la liberté victorieuse et paisible.
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Camille Desmoulins
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MessageSujet: Re: La Chute / Der Untergang   Mar 10 Juil - 11:51

Personne n'a donc vu La Chute ?

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Estelle
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MessageSujet: Re: La Chute / Der Untergang   Mar 10 Juil - 14:25

Pour ma part, je ne l'ai pas vu.

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Victoire-Adélaïde

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MessageSujet: Re: La Chute / Der Untergang   Mar 10 Juil - 15:56

Moi non plus...
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MessageSujet: Re: La Chute / Der Untergang   Mar 10 Juil - 16:01

...pas davantage, n'ayant pu accompagner mon fils, qui lui, l'a vu et l'a apprécié...
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isis

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MessageSujet: Re: La Chute / Der Untergang   Mer 11 Juil - 22:05

Je ne l'ai pas vu non plus.
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MessageSujet: Re: La Chute / Der Untergang   

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