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 La France fut-elle antisémite ?

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La France fut-elle antisémite ?
Oui, c'était un sentiment diffus dans la société
33%
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Oui, car une minorité affichée publiquement son antisémitisme
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Non, car les mesures antisémites sont le seul fait du Régime de Vichy
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Non, car la grande majorité ne partageait pas cette haine raciale
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Il m'est impossible de juger
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Total des votes : 3
 

AuteurMessage
Camille Desmoulins
Admin


Nombre de messages : 5040
Date d'inscription : 23/03/2007

MessageSujet: La France fut-elle antisémite ?   Lun 9 Avr - 16:05

Citation :
L'antisémitisme en France au début des années trente

« En France, notre vie quotidienne n'était pas non plus exempte de brimades. Quelques anecdotes cuisantes me sont restées en mémoire. Ma mère avec coutume de m'emmener faire les courses, rue Saint-Antoine, où des marchandes de quatre-saisons, dignes de Madame Angot, tenaient le haut du pavé. Maman pratiquait en ce temps-là un français approximatif. Un jeudi matin, sans raison, elle fut traitée par une des matrones de « sale Polak de m... ».

À l'école, place des Vosges, un de mes camarades de classe, Jean Bosquet, me persécutait continuellement ; son père était gendarme à la caserne des Minimes, il jouissait d'un certain prestige. Un soir, dans le jardin du square où nous nous promenions en famille j'eus la malchance de le rencontrer. Il me prit à part, simulant un jeu et prestement, sans mot dire, m'asséna une gifle dont je garde encore la brûlure. Ma mère indignée, bondit vers madame Bosquet qui lui répondit par des sarcasmes (...).

Le climat d'hostilité qui entourait les Juifs étrangers n'était pas le fait des seuls non juifs. Bon nombre de Juifs français considéraient avec mépris, voire animosité, les « Polaks », ces nouveaux venus qui parlaient peu et mal la langue, de surcroît avec un accent épouvantable. Pour cette raison, on les tenait pour responsables du renouveau de l'antisémitisme. Accusation fallacieuse, puisque le summum de la haine avait été atteint lors de l'affaire Dreyfus, bien avant que ne commence l'immigration des Juifs de l'Est. Triste ironie du sort, les Juifs de « souche » en furent les premières victimes. »


Armand Gliksberg. Kaddish pour les miens. Chronique d'un demi-siècle d'antisémitisme (1892 – 1942). Paris, Mille et Une Nuits, 2004, pp. 96 – 97.
La collaboration des intellectuels français durant l'Occupation

Citation :
« Le 14 janvier 1941, grande première sur les écrans parisiens : Le Juif Süss du réalisateur Veit Harlan, produit par la firme Terra, est présenté au public. Annoncé par une campagne publicitaire intense, notamment par d'immenses affiches dans le métro, le fil est accueilli favorablement. Un célèbre comédien du Théâtre français, Jean Darcante, en assure le doublage. L'objectif de la propagande est clair : il s'agit de vulgariser d'une façon historique, donc indéniable, la vilenie du Juif, dans le genre déjà rendu immortel par Shakespeare. Cet antisémite éminent avait agi de même avec Shylock, le « marchand de Venise ».

Les « braves gens » s'y laissent prendre, le personnage du Juif est présenté comme au Guignol : il est le fourbe qui doit être rossé par le gendarme, pour le plus grand plaisir du spectateur.

D'autres productions de la même veine, comme Les Rapaces, excitent aussi la haine antijuive par le cinéma, pourtant merveilleux moyen d'éduquer en distrayant.

À la même époque reparaît Je Suis Partout. Il est temps que les intellectuels français apportent leur pierre à l'édifice de la Collaboration. Brasillach, Rebatet, Laubreaux en assurent la direction. Tous les auteurs « bien pensants » se précipitent dans les colonnes du journal : Marcel Aymé, Jean Anouilh, Marcel Jouhandeau, Drieu La Rochelle, le dessinateur Ralph Soupault, etc. En examinant la bibliothèque d'un ami de ma famille, l'ingénieur Jacques Gelman, je fus sidéré. En effet, il m'apparut que tous les auteurs présents sur les rayons étaient passés du côté de l'occupant : Jean Giraudoux, Pierre Benoit, Henri Bordeaux, Paul Morand, André Gide, Jacques Chardonne, Jean Giono, Pierre Gaxotte, Henri de Montherlant, Alfred Fabre-Luce, Pierre Mac Orlan, Bertrand de Jouvenel. Les élites qui symbolisaient le pays aux yeux du monde civilisé défiguraient délibérément la France. Ces grands écrivains pouvaient enfin assouvir leur aversion commune pour les Juifs. Les « ronds de jambe » de Jean Cocteau, de Sacha Guitry, de Steve Passeur et autres esclaves de la mode et du « parisianisme » furent si vulgaires dans la flagornerie et l'allégeance aux vainqueurs, qu'il serait indécent de rappeler ici leurs débordements.

Le cas de Louis-Ferdinand Céline est particulier. Cet individu avait besoin pour vivre de « bouffer du Juif » quotidiennement. Sa haine tenait de l'anthropophagie. Une étude approfondie serait nécessaire pour expliquer les raisons intimes de son comportement. Cette déviation sadique chez un « médecin » en dit long sur le personnage. Au printemps 1941, dans La Gerbe, Céline exigeait « un véritable statut d'exclusion pour les Juifs », celui imposé par le gouvernement de Vichy lui paraissant très insuffisant. À la même époque, au rayon librairie des Magasins Réunis, place de la République, je lus par hasard quelques pages de Les Beaux Draps du susdit, qui venait de paraître. La rage, le dégoût, l'indignation qui me saisirent ne m'ont jamais quitté. »


Armand Gliksberg. Kaddish pour les miens. Chronique d'un demi-siècle d'antisémitisme (1892 – 1942). Paris, Mille et Une Nuits, 2004, pp. 219 – 221.

Citation :
« Avons-nous été, nous Français, les complices actifs de la Shoah ? Certains dénoncent par esprit de vengeance, par cupidité, ou par pure méchanceté. Des policiers français procèdent aux arrestations, qui plus tard se verront décerner la fourragère rouge pour leur action en faveur de la libération de Paris. Le camp de Drancy est gardé par des gendarmes. De hauts fonctionnaires français, en zone libre aussi bien qu'en zone occupée, ordonnent des déportations. Et ces journalistes, ces publicitaires qui appellent à l'extermination des Juifs. Crime il y eut, avec la bénédiction plus ou moins feutrée d'une partie de l'épiscopat français. Et l'antisémitisme chrétien demeure une réalité qui pollue les âmes, entre 1940 et 1945. Je voudrais être sûre qu'à la veille de l'an 2000, il a été éradiqué...

Tous ces crimes, petits et grands (mais y a-t-il alors de petits crimes ?), doivent-ils nous faire oublier le dévouement et le courage des autres ?

Les procès ont éclairé pour moi ce que j'avais vécu sans bien comprendre. Malgré tout, je ne suis pas sûre d'approuver les grandes machineries judiciaires qui désignent les responsables français des crimes contre l'humanité. Outre qu'une prescription devrait jouer plus de cinquante ans après. Papon a-t-il cru qu'en obéissant aux ordres de l'occupant, il permettait d'éviter le pire au reste de la population ? J'ai le plus profond mépris pour ce « petit » fonctionnaire capable de calculs sordides, mais je comprends également les dirigeants de la Résistance comme mon mari, Charles Verny, qui furent hostiles à son procès, ou le général de Gaulle qui le garda si longtemps au service de l'Etat. Les hommes qui ont survécu ne sont pas pour les uns des saints, pour les autres des montres. Toute créature mérite notre pitié. En dehors des mesures d'urgence qu'impliquait l'immédiate après-guerre, la sagesse cynique de De Gaulle au moment de l'épuration traduit un profond réalisme ; je songe au procès des « malgré-nous », ces Alsaciens enrôlés de force par les nazis. Ils n'ont pas résisté, mais après tout, si l'on considère l'ensemble de la population française, rares furent les résistants. »


Extrait de Françoise Verny. Serons-nous vivantes le 2 janvier 1950 ? Paris, Grasset, 2005, pp. 78 – 81.

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Victoire-Adélaïde



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MessageSujet: Re: La France fut-elle antisémite ?   Lun 9 Avr - 17:11

Dans mes cours, on m'a dit que l'antisémistisme aurait pu naître en France, dans la mesure où les régimes totalitaires des années 1930 se seraient en partie inspirés d'ouvrages d'un philosophe français. Je n'ai plus son nom en tête.
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Camille Desmoulins
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MessageSujet: Re: La France fut-elle antisémite ?   Lun 9 Avr - 17:22

Victoire-Adélaïde a écrit:
Dans mes cours, on m'a dit que l'antisémistisme aurait pu naître en France, dans la mesure où les régimes totalitaires des années 1930 se seraient en partie inspirés d'ouvrages d'un philosophe français. Je n'ai plus son nom en tête.

Je connais l'auteur que tu évoques : Gobineau joseph et son livre sur la race blanche est supérieure.
Citation :
Les civilisations se sont développées en fonction de leur appartenance à une race. Il y a trois races humaines de base : la noire, la jaune et la blanche. Les races humaines sont inégales. La noire est la plus humble et gît au bas de l’échelle. La jaune est dotée de raison pratique mais se dénote par un penchant naturel à la médiocrité. La blanche a le sens de l’honneur et possède une aptitude civilisatrice supérieure. En Europe, il n’existe nulle part de véritable civilisation sauf chez les nations où la race aryenne a dominé.[1] Les Juifs sont un peuple « libre, fort et intelligent ayant fourni au monde autant de docteurs que de marchands ».

Hitler a lu ce livre, c'est un fait prouvé !

La france est le pays de l'affaire Dreyffus... Donc il existait un antisémitisme nationaliste. Il existait aussi en France un antisémitisme de gauche, la haine des banquiers juifs.

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Victoire-Adélaïde



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MessageSujet: Re: La France fut-elle antisémite ?   Lun 9 Avr - 17:27

Merci de m'éclairer. Bon, en fait, je ne connais que peu de chose à ce sujet, c'est pourquoi je ne peux que me baser naïvement sur ce que j'ai entendu en cours.

Mais vous avez raison, je n'avais pas pensé à l'affaire Dreyffus et aux banquiers juifs.
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Genovefa



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MessageSujet: Re: La France fut-elle antisémite ?   Lun 9 Avr - 17:43

Bonjour ! Laughing

J'ai répondu que je ne pouvais pas juger.

Je crois que l'antisémitisme est aussi vieux que les hommes.

Les pogroms ont toujours existé dans les pays de l'est et je doute que beaucoup d'Ukrainiens, par exemple aient lu des philosophes français.

L'inquisition espagnole et le Moyen-Age en France montrent d'autres exemples de massacres de Juifs, simplement parce qu'ils étaient juifs.

Il fallait toujours désigner un bouc-émissaire, un coup les Juifs un coup les Lépreux, un coup les Huguenots.

A cette époque, il était très mal considéré de faire commerce d'argent. Ces métiers étaient réservés aux Juifs ou Lombards.

Pendant la dernière guerre, l'attitude de l'église catholique fut pour le moins douteuse et complaisante.

Je me souviens avoir lu que lorsque les nazis exécutaient les malades mentaux, l'archevêque de Cologne fustigea en chaire Hitler et ses sbires.
Il fallait oser, alors les nazis continuèrent mais de façon moins voyante.

Les Juifs d'Europe étaient souvent très lettrés, érudits, par rapport à ceux d'Afrique du Nord par exemple. D'ailleurs, il y a un certain antagonisme entre eux.

Beaucoup de Français dénonçant les Juifs ne le faisaient peut-être moins par idéologie que parce qu'ils lorgnaient leurs richesses ou enviaient leur culture.

L'envie et vraiment un vilain défaut. No
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Estelle
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MessageSujet: Re: La France fut-elle antisémite ?   Lun 9 Avr - 18:02

J'ai répondu oui, même si l'antisémitisme est en effet très vieux. On a accusé les juifs d'être responsables de tous les maux, comme la peste noire, les Espagnols les ont chassés, au XIIème siècle, ils devaient déjà porter un signe distincitf, et en France, ils ont dû attendre 1971 pour être des citoyens à part entière...

Peut être faut-il rappeler la définition de ce mot, qui en fait n'a plus rien à voir avec son premier sens. Il vient, de Sem, fils de Noé, qui "créa" le peuple sémite, regroupant ainsi les populations d'Asie occidentale, comme les hébreux, les arabes, et donc leurs descendants. Rien à voir donc, avec la seule population juive.

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Notre étoile est en nous, et de nous il dépend qu'elle soit bonne ou mauvaise.Charles Baudoin

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MessageSujet: Re: La France fut-elle antisémite ?   Lun 9 Avr - 18:38

J'ai opté pour la seconde solution, après bien des hésitations... Je ne suis pas sûre de mon fait...

Voici un extrait de Charles de Gaulle, que j'ai trouvé intéressant.

Bien entendu, il faut se souvenir des morts d’Auschwitz, les commémorer, leur rendre hommage, les accueillir avec piété et ferveur dans le mémorial français et dans celui de l’humanité, mais au même titre que les victimes de l’exode, que les disparus de la débâcle, que les civils tués dans les bombardements, que les soldats morts au champ d’honneur, que les torturés et les fusillés. Il nous appartient de nous souvenir de la Shoah, mais pas de façon exclusive, et sans qu’elle occulte le projet hitlérien de détruire la France. Si la mémoire de la Shoah s’édifie sur la négation de la France humiliée, elle ne survivra pas à ceux qui l’ont élaborée. Elle finira par être niée, ce qui serait un désastre.

En effet, l’excès de mémoire ou hypermnésie n’est jamais neutre. La focalisation de la mémoire sur un seul fait, fût-il le plus horrible, cache autant qu’elle met en lumière. Elle nie autant qu’elle affirme. Au lieu d’aviver la mémoire, elle l’ampute. Et surtout, elle nourrit son contraire, ce contre quoi elle existe, à savoir l’amnésie.

En effet, alors que le XVIIIe s a été le siècle des Lumières, le XXe a indéniablement été celui des Ténèbres. Outre les deux guerres mondiales, la guerre froide, des conflits en tout genre, il a été le théâtre d’au moins cinq génocides, tous plus horribles les uns que les autres, tous singuliers et exemplaires. Les voici rappelés dans l’ordre chronologique :

de 1894 à 1923, et surtout en 1915 et 1916, l’extermination de la moitié du peuple arménien (deux millions d’innocents tués) par les Turcs et les Kurdes ;

en 1932 et 1933, l’élimination de plus de six millions d’Ukrainiens par les communistes russes,

de 1942 à 1945, la solution finale,

depuis 1950, l’extermination lente de millions de Tibétains par les communistes chinois,

de 1975 à 1977, l’extermination de près de deux millions de Cambodgiens par les communistes khmers.

Ce bilan n’est que partiel. A ces génocides, s’ajoutent les 85 millions de morts du communisme dans le monde, les massacres de masse ou génocides dont les Ethiopiens et les Tutsis ont été les victimes, etc. Or, la focalisation sur la seule Shoah atténue ces génocides attestés et en facilite l’amnésie. La mémoire collective défaille, oublie, bégaie, occulte. L’Union européenne a décidé de négocier avec la Turquie, sans exiger de ce pays qu’il reconnaisse ses responsabilités dans le génocide des Arméniens, ni même que ses armées évacuent l’île de Chypre, pays membre de l’Union européenne, qu’elles occupent en violation du droit international.

La guerre qui est faite à la mémoire de la France a ceci de particulier qu’elle se retourne contre toutes les victimes, même celles qui ont disparu dans la Shoah, et que la nouvelle mémoire, faite de repentances et toute idéologique, tend à transformer en bourreaux. De Gaulle a dit « non » à Hitler, les négateurs de la France humiliée ont opiné à Trotski, à Lénine, à Mao, à Pol Pot, à Staline, à ceux qui se sont rendus coupables des génocides ukrainien, tibétain, cambodgien et ont éliminé les classes dites nuisibles, les ressortissants des colonies de l’URSS, Baltes, Ukrainiens, Tatars, Tchétchènes, des Chinois, paysans et bourgeois, des Tibétains, des Coréens, des Cambodgiens, des Vietnamiens, des Noirs, quelques arabes : des jaunes, des noirs, des arabes, peu de juifs, des chrétiens certes, mais colonisés ; en bref, des peuples et des hommes supposés inférieurs, mal dégrossis, peu instruits, etc. Si les victimes du communisme avaient été des chrétiens et des juifs, au lieu d’être des jaunes, des noirs, des colonisés, il y aurait eu des procès de Nuremberg à la chaîne, qui auraient contraint les députés, militants, intellectuels, ministres qui se réclament de Lénine à se taire. Ils n’auraient pas déconstruit la mémoire de la France, ils n’auraient pas accusé les Français de complicité avec les auteurs de la Shoah, ils n’auraient pas absout ainsi le soutien qu’ils ont apporté à Lénine, Trotski, Staline, Mao, Pol Pot, Castro et autres ou les crimes dont leurs idoles se sont rendus coupables et qu’ils ont eux-mêmes niés. La mémoire de la France en ruines, c’est désormais à la mémoire de la Shoah qu’ils s’attaquent. Ils ont dit « oui » à Mao, Lénine, Trotski, Pol Pot, Castro, Staline et autres tyrans ; désormais, ils opinent au Hamas ou au djihad, ils aspirent à la destruction d’Israël, qu’ils baptisent d’un méprisant « entité sioniste ». Le martyre (ou prétendu martyre : il est martyrisé par ses propres dirigeants) du peuple palestinien efface la Shoah. Faisant obstacle à la destruction d’Israël, la Shoah est mise en doute ou niée ou approuvée. A la haine de la France et des Français, succède la haine d’Israël et des Juifs.

La France martyre dont De Gaulle voulait que nous nous souvenions accueillait toutes les victimes, les juifs et ceux qui ne l’étaient pas, les Français et ceux qui ne l’étaient pas, les déportés et les civils affamés, les héros et les gens ordinaires. La France a été spoliée de sa mémoire. Sans cette mémoire, les victimes sont oubliées ou méprisées. Elles errent comme des zombies au milieu des ruines. La boîte de Pandore est ouverte. n
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Camille Desmoulins
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MessageSujet: Re: La France fut-elle antisémite ?   Ven 20 Avr - 20:43

Citation :
« M. Xavier Vallat : Il est une raison qui m’interdit de voter pour le ministère de M. Blum, c’est M. Blum lui-même. Votre arrivée au pouvoir, monsieur le président du Conseil, est incontestablement une date historique. Pour la première fois, ce vieux pays gallo-romain sera gouverné ...

M. le président (de la Chambre Edouard Herriot) Prenez garde, M. Vallat.

M. Xavier Vallat : ... par un juif (vives réclamations à l’extrême-gauche et à gauche. Les députés se lèvent et applaudissent M. le Président du Conseil).

M. le président (Edouard Herriot) : Monsieur Xavier Vallat, j’ai le regret d’avoir à vous dire que vous venez de prononcer des paroles qui sont inadmissibles à une tribune française...

M. Xavier Vallat : Je n’ai pas pris cela pour une injure.

M. le président (Edouard Herriot) : Monsieur Vallat, je vous demande de retirer vos paroles.

M. Xavier Vallat : Mais c’est une constatation historique, monsieur le président ; je demande à m’expliquer.

M. le président (Edouard Herriot) : Dans ces conditions, pour les paroles que j’ai entendues, je vous rappelle à l’ordre avec inscription au procès-verbal.

M. Xavier Vallat : Messieurs, je ne comprends pas bien cette émotion, car, enfin, parmi ses coreligionnaires, M. le président du Conseil est un de ceux qui ont toujours - et je trouve cela tout naturel - revendiqué avec fierté leur race et leur religion.

M. le président du Conseil (Léon Blum) : C’est vrai.

M. Xavier Vallat : Alors, je constate que, pour la première fois, la France aura eu son Disraëli. »

M. André Le Trocquer : Cela nous change des jésuites (allusion au catholicisme revendiqué par Vallat).

M. Xavier Vallat : J’ajoute que, contrairement aux apparences de M. Jéroboam Rothschild, il ne se sera pas appelé Georges Mandel (...) Je n’entends pas dénier aux membres de la race juive qui viennent chez nous le droit de s’acclimater comme tant d’autres qui viennent de faire naturaliser »

Un pièce à charge la célèbre diatribe de Xavier Vallat contre Léon Blum.

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Genovefa



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MessageSujet: Re: La France fut-elle antisémite ?   Ven 20 Avr - 22:15

Je ne sais pas si je dois en avoir honte ou remercier mes parents, mais j'avoue qu'avant l'âge de 15 ans au moins, je ne savais pas ce que ce mot voulait dire. Rolling Eyes

Et je ne comprenais pas ce qu'ils avaient fait confused surtout que beaucoup de nos voisins étaient rapatriés d'Algérie dont beaucoup de Juifs. J'allais à l'école avec les filles, mes frères avec les garçons...

Ce racisme primaire me met toujours mal à l'aise. Il y a des gens que je n'aime pas, mais ce sont des individus, pas parce qu'ils noirs ou verts ou à carreaux confused

Mais je ne suis pas sûre que les choses aient réellement changées Sad
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Camille Desmoulins
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MessageSujet: Re: La France fut-elle antisémite ?   Ven 20 Avr - 22:21

Genovefa a écrit:


Mais je ne suis pas sûre que les choses aient réellement changées Sad

Déjà, la loi d'aujourd'hui ne permet plus cela. C'est quand même une avancée. Le racisme a perdu son caractère biologique pour devenir davantage de la xénophobie.

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MessageSujet: Re: La France fut-elle antisémite ?   Ven 20 Avr - 22:31

Citation :
Le racisme a perdu son caractère biologique

C'est justement ce que je ne comprends pas !

Il y a de tout comme chez nous chez les Juifs et même des types très clairs, comprends pas No

Il y a un gène juif ?
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Camille Desmoulins
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MessageSujet: Re: La France fut-elle antisémite ?   Ven 20 Avr - 22:38

Genovefa a écrit:
Citation :
Le racisme a perdu son caractère biologique

C'est justement ce que je ne comprends pas !

Il y a de tout comme chez nous chez les Juifs et même des types très clairs, comprends pas No

Il y a un gène juif ?

Comprends pas ce que tu veux dire ! Le racisme au début du XX° siècle relevait pour certains de conceptions biologiques. Aujourd'hui il ne s'agit plus de cela. C'est la haine de l'étranger ou de la différence qui prédomine.

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MessageSujet: Re: La France fut-elle antisémite ?   Ven 20 Avr - 22:45

Oh pardon Camille Embarassed c'était du second degré Wink

Citation :
Le racisme au début du XX° siècle relevait pour certains de conceptions biologiques

Je le crois aussi, sans compter l'ultra catholicisme bien-pensant geek
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MessageSujet: Re: La France fut-elle antisémite ?   Aujourd'hui à 19:41

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